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UNE TOUCHE DU BANC, EP.1 : DIDIER CHAFFAT

15 janvier 2020 - 16:32

Homme à tout faire du côté de l’US Raon-l’Etape, Didier Chaffat s’investit également, depuis quelques années, sur le banc de l’équipe de National 3 en tant qu’intendant. Sa folle anecdote avec Kelly Irep, la préparation d’un match comme face au LOSC, et bien d’autres choses sont à retrouver dans ce 1er épisode d’« Une touche du banc », notre nouvelle série d’interview.

 

On vous sait au club depuis des années, mais on ne connait pas vraiment la manière dont vous êtes arrivé au club. Pouvez-vous nous raconter vos débuts avec l’US Raon-l’étape ?

Didier Chaffat : Je suis arrivé au club en 2003 comme joueur. Je jouais à Celles-sur-Plaine et j’étais venu voir un match à Raon de l’équipe C qui n’avait pas de gardien, donc j’ai proposé à Franck Ferrari, un de mes copains gérant l’équipe, de m’entraîner. J’ai eu une licence, je me suis entraîné avec eux, avec l’équipe DH mais aussi avec l’équipe National en 2ème partie de saison.

Je me suis ensuite occupé des jeunes gardiens, puis de plusieurs équipes de jeunes. En 2012, j’ai eu la reponsabilité de la section jeune avant qu’en 2013, je n’aille avec l’équipe de National 2 appelé C.F.A. à l’époque.

 

Vous êtes sur le banc de l’équipe National 3, quel est votre rôle au sein du groupe ?

D.C. : C’est essentiellement s’occuper des équipements et de la collation. Quand Adrien Specty n’est pas là, j’aide aux soins même si mettre de la bombe de froid, c’est tout ce dont je sais me servir (rires).

Quand on était en CFA, je m’occupais des déplacements, éventuellement de l’hôtel, du restaurant ainsi que du déplacement du bus. Mais aussi la partie administrative avec la feuille de match papier à l’époque. On avait qu’une secrétaire à mi-temps à cette période donc je devais m’en charger.

 

Être sur le banc demande une discipline différente de celle qu’on peut avoir dans les tribunes, comment avez-vous appréhendé le changement ?

D.C. : C’est pareil car d’une manière ou d’une autre, je n’interviens en rien au niveau de l’équipe. La pression que je peux avoir, que je sois en tribune, en train de filmer ou sur le banc, c’est la même. Je suis toujours à fond. Je me souviens du 1/8ème de finale contre Bordeaux, je filmais le match et je n’aurais pas été plus tendu sur le banc.

Pour les cartons, je n’ai été expulsé qu’une fois il y a trois ans. Je sais rester calme, je me dis que si le gars a envie de nous enfler, il va le faire.

 

Sur ce banc, vous venez de vivre un énième 1/32ème de finale. Qu’est-ce qui change par rapport à un match de championnat ?

D.C. : Il y en a eu quelques-uns, mais c’était le 4ème contre une Ligue 1. Le fait de recevoir une Ligue 1 ne change rien, mais c’est le niveau de la compétition qui fait que. Pour le match contre Lille, on avait deux délégués qui nous ont demandé d’avoir un PC connecté à internet avec une imprimante dans le bureau pour pouvoir imprimer directement les feuilles de matchs par exemple. J’étais venu la veille tout vérifier. Contre Saint-Étienne c’était moins rude.

Au niveau des équipements, on avait floqué la date du match sur les maillots, mais mon boulot ne va pas changer outre-mesure. Il ne faut pas en faire des tonnes parce que toi, tu seras un peu plus tendu et puis, les joueurs s’ils voient que tu fais des trucs que tu ne fais pas habituellement… Ils sont suffisamment stressés comme ça et toi, si tu rajoutes ta sauce là-dedans, ça peut partir en vrille. Je n’ai rien changé, les chaussettes et les shorts étaient toujours dans le sac.

 

Si on imagine que ce match contre le Lille OSC ne fait pas partie de vos meilleurs souvenirs, quels sont les moments qui vous ont marqué ?

D.C. : C’est peut-être des matchs qui sont passés inaperçus, comme le 1/16ème de finale contre Istres qui nous a permis d’aller en 1/8ème pour la 1ère fois. Mais il y a eu aussi, en 2015, le 8ème tour contre Colmar qui était en National, où on était mené 1-0 au bout de 3 minutes et où on a joué à dix à partir de la 55è. On a une « occaz » du match, on marque, Romain Lambay multiplie les arrêts pendant tout le match et on se qualifie aux tirs aux buts.

 

Pour conclure, avez-vous une anecdote en tant que dirigeant à nous raconter ?

D.C. : Ça concerne Kelly Irep. On avait fait signer un défenseur central Adnane Sarhane juste avant Saint-Etienne. Ce gars-là était arrivé la veille de la reprise, vers le 28 décembre, le but était qu’il joue. J’étais tout seul, Bruno Paterno était à Strasbourg chez lui et Eric Champagne en vacances. Bruno m’avait demandé d’aller le chercher à la gare à 08h30 le soir, donc j’y étais, il faisait très froid et j’attendais.

Un de nos autres joueurs, Nicolas Brafine est arrivé, je lui ai dit : « qu’est-ce que tu viens faire ? ». Il m’a dit : « Je viens chercher le pote d’Ablaye (Ba) », je croyais que c’était Adnane Sarhane. Je lui ai dit d’attendre avec moi. Le train arrive, et je reconnais le joueur, je suis allé vers lui et lui ait dit : « bonjour ! » Là, je vois Nicolas Brafine qui dit : « bonjour » à un autre mec. Quand je l’ai vu, je lui ai demandé : « T’es qui toi ? », et il m’a expliqué venir faire un essai. C’était Kelly Irep.

« Nico » m’avait dit « C’est bon, il dort chez moi ». J’ai mis donc Adnane Sarhane dans sa chambre d’hôtel puis j’appelle Bruno Paterno en lui disant : « Tu te fous de moi, y’a un autre gars qui venait à l’essai », mais lui ne s’en souvenait même plus ! Il jouait en réserve à Mantes-la-jolie. Le lendemain, on va à l’entraînement, Kelly a effectué son essai.

On le positionne latéral gauche et en 20 minutes on s’est dit qu’il fallait le faire signer. On fait tout ce qu’il faut le lundi soir, le mardi tout est en règle et contre Saint-Etienne il fait un match d’enfer. Je m’en souviendrais à vie, c’était tellement incroyable.

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